dimanche 27 novembre 2011

Adieu, Madame Montserrat Figuerras....

Le 23 Novembre, elle nous a quittés....



Je n'ai hélas que peu de choses à dire sinon que je suis infiniment triste, car elle a été une compagne musicale souvent dans les pires moments de ma vie.... Cette voix extraordinaire, cette recherche et cette élégance de sa personne....

 
Montserrat Figueras et son mari Jordi Savall à l'Abbaye de Fontfroide en 2010.
Montserrat Figueras et son mari Jordi Savall à l'Abbaye de Fontfroide en 2010.ALIA VOX/DAVID IGNASZEWSKI




La soprano espagnole Montserrat Figueras lors d'une conférence de presse à l'Abbaye de Fontfroide près de Narbonne en juillet 2006.
La soprano espagnole Montserrat Figueras lors d'une conférence de presse à l'Abbaye de Fontfroide près de Narbonne en juillet 2006.AFP/LIONEL BONAVENTURE

Il est des formules qui peuvent paraître creuses, surtout au moment que l'on dresse le bilan d'une vie et d'une oeuvre. Mais la soprano espagnole Montserrat Figueras, qui vient de mourir, mercredi 23 novembre, à Barcelone, était une femme d'une noblesse et d'une élégance morales et artistiques uniques, qualités qu'elle partageait avec son époux et partenaire musical, le gambiste et chef d'orchestre Jordi Savall.

Elle avait gardé, à presque 70 ans, une beauté juvénile et racée : une longue chevelure de jais, un regard vrai et beau, un port, une allure qui la rendaient aussi intimidante - noblesse oblige - qu'approchable. Pour tous ceux qui la connaissaient un peu, elle était "Montsé", affable, souriante et compassionnelle.

Et si la vie lui avait donné quelques rides qu'elle portait fièrement et bellement ; et la maladie - qu'elle a tenue secrète - un dessin un rien anguleux à l'ossature de son beau visage, la Catalane aura continué de chanter jusqu'à quelques semaines du point final que le cancer aura mis à sa vie.
Son dernier concert, en France, aura été donné à Conques (Aude), cet été. A Narbonne, quelques jours plus tôt, elle présentait son ultime programme, attendu par le public fervent et fourni de l'abbaye de Fontfroide où, depuis six ans, Montserrat Figueras et son époux organisaient une série annuelle de concerts estivaux. Ce dernier programme, qu'elle devait enregistrer dans la foulée, s'intitulait, par une coïncidence qu'on ne peut croire fortuite, "Les cycles de la vie". Mais les dernières semaines de lutte contre la maladie la contraignirent à rester à Barcelone, sa ville natale, et à renoncer à ses derniers engagements et projets.
La dernière fois qu'on aura entendu Montserrat Figueras fut à Paris, début juin, dans le cadre merveilleux du palais de Béhague, où est sise l'ambassade de Roumanie. Dans la salle byzantine de ce lieu méconnu, la soprano semblait dans une forme époustouflante. On se souvient avoir pensé, en l'entendant dans l'acoustique un peu large de cet édifice, à la définition de la musique que livrait joliment le compositeur Ferruccio Busoni : "De l'air sonore".
Car la voix de Montserrat Figueras était comme une coloration, une mise en vibration du silence. Elle n'avait pas un timbre et une technique de "cantatrice", dans l'acception la plus courante du terme : le son, sans vibrato, n'était pas large mais portait loin, fendant d'un trait lisse et net les vastes acoustiques. Et ce timbre si mélancolique et feulant, reconnaissable entre tous, semblait glisser sur le silence.
On va oser une image oléagineuse qui l'aurait sûrement fait rire de ce rire cristallin qu'elle avait au bord des lèvres : sa voix était une première pression à froid de soprano, florale, épicée mais souple et onctueuse. Au fil des ans, Montserrat Figueras devait conserver les mêmes qualités de couleur, de tenue et, surtout, de charme. Rappelant, car elle en était l'incarnation duelle, que la racine latine du mot "carmen" signifie tout autant "charme" que "chant".
Montserrat Figueras, née le 15 mars 1942 à Barcelone, fait des études de chant et de théâtre dans sa ville natale. Elle fréquente le groupe barcelonais de musique ancienne Ars Musicae et y rencontre celui qui, en 1968, va devenir son mari. Jordi Savall, violoncelliste de formation, découvrait la viole de gambe, pour laquelle tant de compositeurs écrivirent d'immenses chefs-d'oeuvre avant que le violoncelle ne la supplante définitivement, au XVIIIe siècle. Il allait en devenir le meilleur et le plus inspiré des interprètes.
La même année que leur mariage, les jeunes musiciens quittent l'Espagne, où aucune structure ne leur permet de professionnaliser leur pratique de la musique ancienne et s'installent à Bâle, où se trouve la Schola Cantorum, un institut pédagogique pour la musique ancienne d'une haute réputation, fondée en 1933 par le mécène et chef d'orchestre Paul Sacher. Montserrat y travaille avec les chanteurs Kurt Widmer - pour la musique baroque -, Andrea von Ramm et Thomas Binkley - pour la musique du Moyen Age, un répertoire qui occupera beaucoup la soprano tout au long de sa carrière.
Avec la collaboration de quelques autres musiciens, Montserrat Figueras et Jordi Savall fondent en 1974 l'ensemble Hesperion XX (qui prendra évidemment, au tournant du XXIe siècle, le nom d'Hesperion XXI) puis La Capella Reial de Catalunya, et, enfin, l'orchestre Le Concert des nations.
Le monde entier les applaudit, et surtout l'Europe, qui voit enfin l'arrivée heureuse des musiciens méditerranéens dans un milieu musical où, pour la musique ancienne, les Anglais et les Hollandais, puis les Allemands et les Français, tenaient, parfois un peu froidement, le haut du pavé.
Le travail le plus marquant qu'effectue Hesperion est de faire se croiser, en un creuset ô combien fructueux, les traditions multiples des musiques du bassin méditerranéen. Ils chanteront les "goûts réunis" et bien davantage, assurant avec un naturel parfait la présentation d'artistes aux origines et aux confessions diverses, juifs, Arabes, chrétiens. Leurs grands programmes épiques (tel Jérusalem, la Ville des deux paix en 2008), enregistrés pour leur propre label discographique, Alia Vox, étaient l'occasion de fêtes sonores extraordinaires, où l'on entendait se succéder une cantillation hébraïque, une mélopée arabo-andalouse ou un chant chrétien.
Ce farouche dessein multiculturel, Jordi Savall et Montserrat Figeras l'auront accompli au-delà de la musique, acceptant, fin 2007, le rôle d'"Artistes pour la paix" dans le cadre des "Ambassadeurs de bonne volonté" de l'Unesco et sous-titrant bientôt les programmes de Fontfroide, l'été, "Pour un dialogue interculturel". Ces deux êtres à la gravité chevillée à l'âme auront toujours pris très au sérieux cette mission, invitant des artistes et des intellectuels au dialogue.
Au sein de leur famille, la musique régnait naturellement : les deux enfants du couple, Arianna et Ferran, sont deux beaux musiciens eux aussi. Arianna, soprano et harpiste, a la voix, presque identique, de sa mère ; Ferran, guitariste et chanteur, a quelque chose de la grâce virile de son père.
Le regard que portaient Montserrat et son époux l'un sur l'autre, pendant les concerts, était toujours saisissant. On en avait été frappé, plus que jamais, au palais de Béhague, en juin, sans rien savoir des raisons pour lesquelles le gambiste regardait et écoutait avec tant de tendresse admirative son épouse. Nul doute que, alors, il admirait aussi la beauté de son courage.
Renaud Machart
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Des disques à la douce lumière indispensable






La soprano espagnole Montserrat Figueras lors d'une conférence de presse à l'Abbaye de Fontfroide près de Narbonne en juillet 2006.
La soprano espagnole Montserrat Figueras lors d'une conférence de presse à l'Abbaye de Fontfroide près de Narbonne en juillet 2006.AFP/LIONEL BONAVENTURE

Il est toujours abusif de réduire la couleur d'un chant à un seul qualificatif expressif, mais le mot "mélancolique" vient tout naturellement en priorité sous la plume lorsqu'on évoque celui de Montserrat Figueras, qui était une personne grave et rêveuse mais pourtant volontiers rieuse et joyeuse.

S'il était un disque, un seul, à conseiller à qui ne la connaîtrait pas, ce serait sûrement son programme Ninna Nanna (1 SACD Alia Vox), qui rassemble, en un parcours d'une poésie rare et souvent bouleversante, un ensemble de berceuses de tous les temps, dont quelques-unes écrites au XXe siècle, dans des arrangements parfois étonnants, mais d'une beauté indicible.
Son dernier programme personnel, en marge de ses collaborations avec les ensembles cofondés avec son époux, était Lux Feminae (1 SACD Alia Vox) qu'elle présentait ainsi : "Lux Feminae est une "agora" musicale, un espace où, à partir de la musique, est invoquée la féminité : son message, sa force, sa souffrance, sa sacralité, sa lumière. Il s'agit de musiques et de textes concernant temporellement le Moyen Age et la Renaissance, qui ont pour protagonistes des femmes appartenant au monde culturel hispanique, qu'il soit de tradition chrétienne, juive ou musulmane, et qui montrent les différentes facettes du mythe riche et profond de l'univer s féminin."
On peut aussi recommander sa bouleversante incarnation des lamentations de Claudio Monteverdi (Lamentations et madrigaux, 2 SACD Alia Vox) ou des chants de la Sibylle qui, dans la Grèce classique, était l'archétype de la prophétesse et de la prêtresse (El Cant de la Sibil-la Catalunya, 1 SACD Alia Vox).
A noter, enfin, la réédition récente de l'album Cançons de la Catalunya Millenària ("Plaintes et légendes de la Catalogne millénaire", 1 SACD Alia Vox), répertoire savant et populaire qui réunit, parmi ses nombreux interprètes, la famille Savall au complet, Arianna, Ferran, Jordi. Et Montserrat, accompagnée de sa douce lumière.
Renaud Machart
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Hommage à Montserrat Figueras (1942-2011)

Dossiers/hommages
Posté par Jean-Christophe Pucek le 2011-11-27

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Il est des figures qui nous accompagnent depuis si longtemps que l’on finit par les croire immortelles. Si certains se souviennent de ce qu’ils faisaient et du lieu où ils se trouvaient le 11 septembre 2001, je n’oublierai pas le léger brouillard et les feuilles jaunies qui habillaient les rues de Douai, ce 23 novembre 2011, alors que mes pas se hâtaient vers le musée de la Chartreuse. « Montserrat est morte », ce simple message envoyé par une amie m’a laissé tellement incrédule que je l’ai immédiatement rappelée pour lui demander s’il ne s’agissait pas d’une méprise. Ce n’en était pas malheureusement pas une. Ainsi, la voix qui me laissait muet de stupeur à l’écoute des Chants de la Sibylle, celle en compagnie de laquelle je chantonnais Su la cetra amorosa, s’est à jamais éteinte, même si son écho ne m’a guère quitté depuis cette annonce.
L’histoire de Montserrat Figueras est celle d’une réussite musicale d’autant plus exemplaire qu’elle ne doit rien à la facilité ou aux compromissions. Imagine-t-on le courage et la passion qui portaient la jeune femme tout juste mariée, en 1968, à celui qui serait le compagnon de toute une vie, Jordi Savall, pour qu’elle décide de quitter Barcelone, où elle était née le 15 mars 1942, afin d’aller vivre avec lui, au sein de la Schola Cantorum de la lointaine Bâle, sa passion pour la musique ancienne dont l’absence, en Espagne, de structures adaptées ne lui permettait pas de faire son métier ? La superbe harmonie qui se dégageait de ce couple devenu bientôt famille avec la naissance d’Ariana (1972) puis de Ferran (1979), perceptible dans l’émouvant enregistrement les réunissant tous les quatre, Du temps et de l’instant (Alia Vox, 2005), ne doit pas faire oublier ce qu’il lui a fallu de ténacité et d’investissement pour fonder, en 1974, Hespèrion XX, puis le faire vivre et prospérer ainsi que les autres ensembles qu’il avait engendrés, en explorant des répertoires plus ou moins totalement tombés dans l’oubli. Jusqu’au terme de sa vie, Montserrat Figueras aura porté haut cette flamme de la musique ancienne, la faisant progressivement dialoguer de plus en plus avec les répertoires issus d’autres cultures, avec une détermination et une dévotion à son art que rien, sinon les affres du cancer qui l’a finalement emportée, ne pouvaient briser.
Il serait trop facile, comme on l’a quelquefois lu ou entendu, de réduire le rôle de la soprano à celui d’une égérie dont le rôle principal aurait été de soutenir les projets souvent ambitieux de son mari. Il suffisait de les observer quelques brefs instants lorsqu’ils étaient tous deux sur scène pour comprendre que leur complicité était celle d’égaux marchant d’un même pas, unis par un amour, une foi inébranlable dans la musique qu’ils servaient. Indissociables et pourtant distincts, suffisamment humbles pour mettre au service de l’autre toute l’étendue de leur talent. Pour vous en convaincre, écoutez Lux Feminæ, ce disque d’une irradiante beauté dont le soin apporté à la conception et à la réalisation témoigne de l’importance qu’il revêtait aux yeux de Montserrat Figueras, tandis que le souffle qui l’anime révèle à quel point elle l’a porté avec une infinie tendresse, et sentez comment Jordi Savall, dont le nom n’apparaît sur la pochette qu’au milieu de celui des autres musiciens mais dont la présence attentive est, à chaque seconde, la main posée sur l’épaule pour donner ce qu’il faut de courage, déploie pour elle les trésors de son art, offrant à sa voix un écrin amoureusement ciselé. Et quelle voix ! Pas de celles qui cherchent à en imposer par de vaines pirouettes techniques en sacrifiant l’expression, mais, tout au contraire, d’une éloquence telle que la force pénétrante de sa douceur parvient à plonger en quelques secondes l’auditeur dans les affres d’une indicible mélancolie, comme dans les bouleversants El Testament d’Amèlia du disque Cançons de la Catalunya mil.lenària ou Hor ch’è tempo di dormire de Merula, à lui ensoleiller l’âme, ou à lui transmettre le tremblement d’effroi qui saisit le croyant devant le spectacle du Jugement dernier dépeint dans ces Chants de la Sibylle avec lesquels Montserrat Figueras a su si parfaitement faire corps qu’on peine à imaginer ces prophéties aux lueurs de tonnerre chantées par une autre interprète. Un timbre diapré, à parts égales, de moirures d’une infinie luminosité et de lambeaux de nuit, fascinant car parfois traversé de lueurs inquiétantes tout en demeurant d’une limpidité et d’une fraîcheur de source, un chant empli des voix du passé dans lesquelles il puisait l’inextinguible vitalité et la tendresse infinie offertes ensuite en partage aux auditeurs.
Le legs discographique de Monserrat Figueras est important, en quantité comme en qualité ; il constitue un trésor assez inépuisable d’émotions mais aussi d’enseignements vers lequel mélomanes et musiciens reviendront souvent pour nourrir leur réflexion et leur sensibilité. Le souvenir de cette femme radieuse et discrète n’a pas fini de nous accompagner et ne s’éteindra que quand mourra le soleil.
Quelques conseils d’écoute pour retrouver Montserrat Figueras :
Lux Feminæ, 900-1600. Choix d’œuvres célébrant l’image de la femme au travers de 700 ans de musique, cette anthologie est sans doute un des disques les plus émouvants de la chanteuse, qui l’a entièrement conçu. 1 SACD Alia Vox AVSA 9847.
Le Chant de la Sibylle :
Une série de trois enregistrements envoûtants, dont seul le premier des deux volumes parus chez Astrée, respectivement en 1988 et 1996, a été réédité :
El Cant de la Sibil.la – Catalunya. 1 SACD Alia Vox AVSA 9879.
El Cant de la Sibil.la – Galicia, Castilla. 1 CD Fontalis/Auvidis ES 9942. À rééditer.
Le troisième est couramment disponible :
El Cant de la Sibil.la – Mallorca, València (1400-1560). 1 SACD Alia Vox AVSA 9806.
Cançons de la Catalunya mil.lenària. Une anthologie tirée du chansonnier catalan, proposant des musiques tour à tour nobles, réjouies ou d’une mélancolie poignante transcendées par le pouvoir d’une voix qui, en en épousant les moindres inflexions, les rend incroyablement frémissantes. 1 SACD Alia Vox AVSA 9881.
Tarquinio Merula (1595-1665), Su la cetra amorosa, arie e capricci. Cet enregistrement de musique italienne, paru à l’origine en 1993 sous étiquette Astrée, est bouleversant de bout en bout grâce à la faculté que possèdent les interprètes à habiter chaque pièce avec une conviction qui laisse sans voix. Mention spéciale à Hor ch’è tempo di dormire, chanson spirituelle sur un rythme de berceuse qui referme le programme et pour laquelle Montserrat Figueras avait une tendresse particulière. 1 SACD Alia Vox AVSA 9862.
La photographie de Montserrat Figueras est d’Alexandre Causin pour Alia Vox.

María Blanchard, l'art et la souffrance...

María Blanchard, née le 6 mars 1881 à Santander et morte à Paris le 5 avril 1932, est une artiste-peintre espagnole appartenant à l'École de Paris.

Fichier:Maria Blanchard dando clase.jpg

Née d'un père espagnol journaliste (Enrique Gutiérrez Cueto) et d'une mère franco-polonaise (Concepción Blanchard Santisteban), María Gutierrez Cueto y Blanchard est handicapée par une très lourde difformité physique, provoquée par une chute de sa mère enceinte, dont elle souffrira jusqu'à sa mort. Encouragée par sa famille, elle va à Madrid en 1902 pour des études de peinture et est l'élève des peintres Emilio Sala Francés (1850-1910), Fernando Alvarez de Sotomayor (1875-1960) et Manuel Benedito Vives (1875-1963). Après la mort de son père en 1904, sa mère et ses quatre frères la rejoignent à Madrid.
María Blanchard obtient en 1909 une bourse pour poursuivre sa formation à Paris. Elle travaille alors auprès du peintre espagnol Hermen Anglada-Camarasa (1871-1959) et de Kees van Dongen. Rentrée à Madrid en 1913, elle partage un moment un atelier avec Diego Rivera et fait en 1914 la connaissance de Jacques Lipchitz. Professeur de dessin durant quelques mois à Salamanque, elle peint en 1916 ses premières compositions cubistes.
En 1916, María Blanchard regagne définitivement Paris et développe l'esthétique cubiste de façon originale, en donnant à la figure humaine une place inhabituelle dans le cubisme classique. Elle se lie en 1918 avec Juan Gris et André Lhote, faisant un moment partie des peintres soutenus par Léonce Rosenberg dans sa galerie L'effort moderne. Le mécène belge Frank Flaush qui lui assure un contrat mourant en 1925 et Juan Gris un an plus tard, elle traverse de longues périodes de problèmes économiques, aggravés par la charge de sa sœur et de ses enfants.
À partir de 1920, María Blanchard en revient à la figuration. Elle traverse en 1927 une crise religieuse qui l'engage dans un profond catholicisme, songe à entrer dans un couvent mais en est dissuadée par son confesseur. Paul Claudel lui dédie en 1931 l'un de ses poèmes.
Elle meurt en 1932 de tuberculose et est enterrée au cimetière de Bagneux.

"Jeune fille lisant"
"Enfant aux pâtisseries" 1924

"Fillette endormie" 1925
"Maternité"
"Repas"
"Still life with bananas" 1920
"Jeune Fille à la Fenêtre Ouverte" 1924
"L'Enfant au Bracelet" 1922-23

"L'Enfant à la glace" 1925
"Mujer sentada" 1928
"Le déjeuner"
"Le déjeuner" 1919
(detail)
"La convalescente"
"Jeune fille à la robe blanche"
"Mujer con abanico" 1916
"Mujer ante el espejo"
"La tasse de chocolat"
"L'Enfant au chapeau" 1925


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Maternité (1928), Maria Blanchard  L'Ecolière Ecrivant (1920), Maria Blanchard L'Espagnole (1910-13), Maria Blanchard

Maria Gutierrez Blanchard, dite Maria Blanchard
Peintre espagnol (Santander 1881 – Paris 1932).
De père espagnol et de mère franco-polonaise, elle naquit infirme. Bossue, d'une santé fragile, elle lutta avec un grand courage contre un destin presque toujours contraire. Après des études à Madrid, sous la direction de peintres académiques comme Sotomayor, elle part pour Paris en 1908 et travaille à l'Académie Vitti avec Van Dongen. Revenue en Espagne de 1913 à 1916, où elle ne réussit pas à s'imposer, elle repart pour la France et se lie avec Juan Gris et Metzinger, dont l'influence sera décisive sur son art. À partir de 1919, soutenue par la gal. Rosenberg, elle connaît un succès croissant, bien que toujours limité à une élite. Comme André Lhote, dont les critiques très lucides contribuèrent à sa renommée, et La Fresnaye, elle resta fortement marquée par le Cubisme ; mais celui-ci fut pour elle une discipline constructive, qui ne l'éloigna jamais de la peinture de la vie. Le souci de l'architecture et de l'équilibre des masses s'allie dans son œuvre à " une couleur austère et métallique ", à des lumières " excessives et miroitantes " (Lhote) et à un sentiment grave et mélancolique, qui donne un accent très personnel à ses thèmes préférés : intimité familiale (Brodeuse, Maternité), enfance (Fillette se peignant, Communauté, Enfant au ballon), natures mortes.
L'exposition espagnole de 1937, au Jeu de paume, où elle figura avec 12 toiles, constitua une sorte d'hommage posthume et la révéla au grand public. Maria Blanchard est représentée par plusieurs œuvres à Paris (M.N.A.M. et M.A.M. de la Ville) et au musée de Grenoble.

L'Italie vue par Paolo Pagnini


http://pphotographyb.blogspot.com/2011/05/amazing-landscape-photography-by-paolo.html

Paolo Pagnini, talentueux photographe italien de Livorno


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