jeudi 24 novembre 2011

Les "ponts vivants" du Meghalaya



Le Meghalaya  est un État du Nord-Est de l'Inde.
Développement durable, architecture verte!
Dans le Meghalaya (nord-est de l'état de l'Inde) les gens construisent des «ponts vivants» en utilisant les racines vivantes des figuiers. C'est un fait remarquable de voir des gens qui vivent dans une telle harmonie avec la nature.

living bridge 1
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living bridge 3

Pour la petite et grande histoire.....Dans cet état tribal matriarcal c'est les femmes qui mènent le jeu, comme propriétaires et décideures dans les affaires. Dans presque chaque ménage, c'est les femmes qui sortent pour travailler et sont salariées, alors que leurs hommes restent à la maison et s'occupent des enfants....

Les hommes d’une tribu matrilinéaire en Inde réclament l’égalité des sexes
Chez les Khasi, la mère transmet son nom à ses enfants et les filles héritent du patrimoine, sans pour autant accéder aux postes-clés du pouvoir
Julien Bouissou
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60 ans passés, Kaith Pariat ne veut plus « jouer aux baby-sitters » et encore moins subir la loi de sa belle-mère. Il vit cet enfer depuis déjà trop longtemps. Depuis le premier jour de son mariage, exactement.
L’homme d’affaires, enfoncé dans un fauteuil de cuir, a le regard qui s’assombrit quand il plonge dans ses souvenirs : « Imaginez le traumatisme : vous quittez le domicile maternel pour devenir, du jour au lendemain, un paria dans la famille de votre belle-mère. Vous vivez sous ses ordres. Vous devenez un domestique, un bon à rien. »
La tribu des Khasi, qui compte environ un million de membres dans l’Etat du Meghalaya, à l’est de l’Inde, est l’une des rares communautés du pays à respecter la tradition matrilinéaire. La plus jeune des filles hérite du patrimoine, la mère transmet son nom de famille à ses enfants et, enfin, le fils, une fois marié, doit partir habiter chez sa belle famille.
« C’est uniquement la mère ou la belle-mère qui s’occupe de son enfant. L’homme n’a même pas le droit de participer aux réunions de famille. Il a contre lui un clan : celui de sa femme, de sa belle-mère et de ses enfants. Alors, il ne lui reste plus qu’à jouer de la guitare, chanter, tomber dans l’alcoolisme et mourir jeune », conclut d’une voix grave Kaith Pariat.
Au Meghalaya, les hommes appartiendraient au sexe faible. D’où le combat que mène Kaith Pariat contre la toute-puissance des femmes grâce à l’Association pour la réforme de la structure familiale. Et son combat va même au-delà de l’égalité de sexes. « L’homme est doté d’un leadership naturel. Il doit protéger la femme, qui, en retour, doit le soutenir », affirme-t-il.
La tradition matrilinéaire remonte à des temps immémoriaux, au point d’être ancrée dans la structure même de la langue khasie. Le genre masculin est réservé aux objets inanimés, qui n’ont pas encore pris forme. Le bois découpé des arbres est masculin, tandis que celui transformé, sculpté, a droit au genre féminin.
D’après Valentina Pakyntein, anthropologue à l’université de Shillong - la capitale du Meghalaya -, le système matrilinéaire daterait d’avant l’institution du mariage, quand les Khasi avaient des partenaires sexuels multiples et qu’il était difficile de déterminer la paternité des nouveau-nés. Mais les membres de l’Association pour la réforme de la structure familiale penchent plutôt pour cette autre explication : leurs ancêtres partaient trop longtemps sur les champs de bataille pour pouvoir s’occuper de leur famille.
Les Khasi jouissent encore aujourd’hui de nombreux privilèges, en tant que tribu répertoriée par l’Inde, et leurs lois sont protégées par le Khasi Hills Autonomous District Council. Leur taux d’imposition est moins élevé, les terres situées dans les zones tribales leur sont préservées, et ils bénéficient de quotas à l’entrée des universités ou dans l’administration.
« Les hommes de la plaine, des étrangers peu scrupuleux, se marient avec les femmes khasies pour profiter de tous ces privilèges », s’agace Kaith Pariat. Autant de privilèges qui mettraient donc en péril la survie de la tribu. « Mais c’est, de toute façon, la femme qui transmet l’héritage et le nom de la famille, tempère Patricia Mukhim, la directrice du quotidien régional Shillong Times. Je crois plutôt que les hommes khasis se sentent diminués dans leur virilité en se comparant aux étrangers. C’est dommage, car c’est ce qui nous distingue des autres. »
A Shillong, les femmes s’habillent en jupe pour aller à la messe, portent du rouge à lèvres et conduisent, les vitres baissées, en écoutant du rock. Elles n’hésitent pas à revendiquer les plaisirs du célibat. Une exception, dans un pays où la pression du mariage est omniprésente, quelles que soient la couche sociale ou la génération à laquelle on appartient.
« Pourquoi s’embarrasser d’un mari ? J’ai déjà une famille et je veux consacrer mon temps à ma carrière professionnelle », explique Rosanna Lyngdoh, une femme de 38 ans qui vit avec sa grande famille dans une maison de 21 chambres.
En Inde, où 35 % des femmes sont victimes de violences domestiques, la condition des Khasi est-elle à envier ? « Au contraire. Parce que l’on appartient à une société matrilinéaire, les gens croient que l’on est privilégié. Mais c’est faux », répond Hasinah Kharbih, directrice de l’organisation non gouvernementale Impulse Network, qui ajoute que les décisions d’une Khasie doivent obtenir l’aval de son oncle maternel.
Le système matrilinéaire n’est pas à confondre avec le matriarcat et les femmes khasies n’ont jamais détenu le pouvoir. Les anciens rois de la tribu laissaient leurs trônes... au fils de leur soeur cadette.
Depuis l’indépendance de l’Etat du Meghalaya, en 1972, les ministres en chef ont tous été des hommes. Et les conseils de village comprennent peu de femmes. « Les dernières de la fratrie sont confinées à des rôles domestiques et condamnées à rester la maison », témoigne Hasinah Kharbih.
Mais Kaith Pariat, qui rêve justement de voir un jour les hommes khasis materner leurs enfants, n’est pas prêt à abandonner son combat. Il revendique 1 000 membres dans son association, dont beaucoup d’hommes influents, qui gardent l’anonymat par crainte d’être ostracisés par la société et par leur belle famille.
L’association compte même des femmes, dont la plupart sont des mères originaires du Bengale occidental, l’Etat voisin. « Elles redoutent de voir leurs fils céder à la tentation des femmes khasies, et de tomber sous leur emprise », explique ce militant de la cause masculine.

Paul Gustave Fischer (1860-1934)

                                       
 





















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