mercredi 20 juillet 2011

Bjørn Berge, le blues norvégien


Bjørn Berge est un chanteur et guitariste de blues norvégien très talentueux, né le 23 septembre 1968 à Haugesund, Norvège.
Récompensé dans son pays lors des victoires de la musique locales, l'originalité de sa musique repose sur le fait qu'il soit très rarement accompagné de musiciens. En effet, que ce soit sur scène ou sur album, Bjørn joue seul.
Unanimement reconnu par la presse spécialisée pour qui son talent est, entre autres, de rendre sa musique aussi captivante et vivante que s'il s'agissait d'un groupe complet.


http://www.bjorn-berge.com/


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Aucun doute à ce sujet, Bjørn Berge est un virtuose comme il en existe peu. Tous ceux qui l’ont vu aux Nuits de la guitare de Patrimonio, au festival de Notodden, et encore tout récemment au Canada peuvent témoigner de sa maîtrise époustouflante de la guitare à 12 cordes, de la fluidité bouleversante de son jeu de slide. À mi-chemin entre l’orchestre et la locomotive à vapeur lorsqu’il se produit sur scène, guitare en avant, scandant ses couplets de la voix tout en les martelant du pied, Bjørn affiche une énergie inédite de ce côté-ci du Styx. Sinon dans les églises sanctifiées du Vieux Sud et les juke joints des collines du Mississippi.


Nous savons pourtant que le gospel et le blues ne sont pas affaire de virtuosité, mais bien l’expression d’un regard personnel. L’évolution de la musique populaire afro-américaine le confirme. La différence entre le blues et un style tel que la musique soul, par exemple, tient à la nature du processus narratif utilisé ; lorsque les représentants de l’école soul expriment leur vision du monde par le biais d’un « nous » collectif (on pense à We’re Gonna Make It de Little Milton, We People Who Are Darker Than Blue de Curtis Mayfield, le désormais célèbre Yes We Can d’Allen Toussaint, Gladys Knight et The Way We Were, ou encore We Are the World de Michael Jackson et Lionel Richie), les chanteurs et chanteuses de blues choisissent systématiquement un point de vue individuel lorsqu’ils s’agit d’évoquer les aléas de l’existence.

« Je suis le blues, car le blues est l’expression du Moi », déclarait un jour Willie Dixon. C’est dans cette mesure que Bjørn est un bluesman, parce que sa musique reflète sa vision intime de l’existence. Malgré sa virtuosité. Malgré ses origines scandinaves, loin des champs de tabac de Caroline du Nord, des chants de travail d’Alabama. Ce n’est sans doute pas une coïncidence s’il a vu le jour sur la côte occidentale de Norvège en 1968, à une époque où le monde se posait brusquement des questions existentielles, où des individus issus des horizons les plus divers prenaient brusquement conscience de l’universalité de l’expérience humaine.

Lorsque Bjørn entre dans l’adolescence à l’aube des années 1980, la musique folk américaine a réussi à se frayer un chemin jusqu’aux régions septentrionales de l’Europe, après avoir envahi la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, ou encore les Pays-Bas. Le Grand Nord rencontre le Vieux Sud. Paradoxe surprenant lorsque l’on connaît le parcours de l’homme, ce n’est pas le blues qui a enflammé l’imagination de Bjørn au départ, mais la musique bluegrass des Appalaches personnalisée par des artistes tels que Scruggs & Flatt, Bill Monroe et les Stanley Brothers. Fasciné par le style de picking imaginé par ces sorciers du banjo à 5 cordes, il montait à quinze ans son premier groupe, le Norwegian Bluegrass Kommando. L’agilité instrumentale de Bjørn vient de là, mais elle est loin de refléter la globalité de ses envies musicales. À force de puiser dans les racines africaines du banjo, il finit par découvrir le blues. « La transition s’est effectuée de façon progressive au moment de l’adolescence, explique-t-il. C’est par un voisin que j’ai découvert toute la diversité des musiques folk et roots américaines. Bob Dylan et les autres. Et Robert Johnson, bien sûr. »

En cette année où l’on célèbre en grande pompe le centenaire de la naissance de Johnson, les médias se chargent de nous rappeler quotidiennement le formidable impact qu’a eu le barde du Mississippi sur la musique populaire du XXe siècle. Mais à l’inverse de beaucoup d’admirateurs de Johnson, obsédés par la pseudo légende faustienne attachée au nom de ce dernier, Bjørn a perçu d’emblée l’incroyable modernité du bluesman.

Contrairement à des pionniers du Delta tels que Charley Patton et Tommy Johnson dont le jeu de guitare, aussi véhément qu’hypnotique, fascinait leur auditoire, Robert Johnson avait choisi de séduire son public avec des mélodies subtiles et des glissandos de slide aériens tout en recréant sur les cordes graves de sa guitare, avec le pouce de la main droite, la pulsation rythmique de l’orchestre. Une écoute attentive de la musique de Bjørn montre qu’il a choisi d’appliquer la même recette : « Quand j’ai découvert la musique de Robert Johnson, j’ai tout de suite été frappé par les histoires musicales qu’il racontait grâce à la slide et j’ai décidé de l’imiter. Vous avez déjà entendu l’anecdote de Keith Richards se demandant qui était le second guitariste sur les enregistrements de Johnson, qu’il entendait pour la première fois ? Il n’y avait pas de second guitariste, Johnson jouait tout lui-même. Personnellement, ça m’atout de suite paru extraordinaire, et je n’ai jamais cessé depuis d’adapter à mon propre style le regard musical de Johnson. »

Autre trait hérité du barde du Delta, une curiosité insatiable qui incite Bjørn à déborder largement le cadre des douze mesures en ouvrant son répertoire à des ballades et des compositions pop, ainsi qu’il le fait lorsqu’il s’approprie des chansons de Mötorhead ou des Red Hot Chili Peppers qu’il bluesifie au passage : « Je préfère interpréter à ma façon les titres des autres. J’essaye toujours de garder l’esprit ouvert. Je comprends qu’il puisse y avoir des frontières entre les genres musicaux, mais elles ne doivent pas brider notre imagination pour autant. Je vous l’ai dit, j’étais fan de bluegrass quand j’étais jeune, et entendre ce que faisait Béla Fleck avec son groupe New Grass Revival m’a fait comprendre qu’il n’y avait rien à gagner à rester dans l’immobilisme. Les frontières musicales sont souvent très artificielles, tous les styles de musique sont liés les uns aux autres. Je me fiche qu’une chanson soit du rock, du jazz, du blues, de la folk ou du funk tant que je parviens à l’adapter à mon propre langage. »
C’est un euphémisme de dire que Bjørn refuse l’immobilisme. S’il lui a fallu attendre 1998 et l’arrivée de la trentaine avant de voir son album « Blues Hit Me » récompensé par le prix « Best Talent », c’était pour mieux engranger l’expérience humaine et vitale dont il avait besoin pour nourrir son imaginaire musical. Le blues n’est pas un métier, il est l’expression de la vie, ce que Bjørn avait compris dès son entrée dans l’âge adulte : « Avant de devenir musicien ‘professionnel’, j’ai travaillé comme mécanicien sur les plates-formes pétrolières de la Mer du Nord. Je n’ai peut-être jamais travaillé sur les plantations de Dixie sous une soleil de plomb, mais j’en connais un rayon sur le froid qui règne sur les unités de forage les jours de tempête. »

Une expérience pénible à bien des égards, qui a néanmoins permis à Bjørn de se familiariser avec l’universalité des sentiments humains. Des sentiments tels que l’amour, le courage, la frustration face à l’injustice, la joie et la jalousie, venus nourrir le répertoire de ce bluesman atypique à mesure que s’accumulaient les distinctions : deux Spellemannsprisen (l’équivalent norvégien d’un Grammy) successifs pour les albums « Stringmachine » et « Illustrated Man » en 2001 et 2002.
Depuis bientôt quinze ans, Bjørn a réalisé son rêve en vivant exclusivement de sa musique. Avec l’aide de Warner Music, dans un premier temps, et le soutien inconditionnel de son agent Thomas Olavsen et de son manager Erik Brenna, il a réussi à élargir son auditoire bien au-delà des frontières de son pays natal : « J’ai été invité à Eurosonic en Hollande et aux Transmusicales de Rennes, deux festivals très à la pointe qui m’ont ouvert de nombreuses portes en Europe, que ce soit en Belgique, en Allemagne, en France, en Autriche ou en Suisse. La scène européenne du blues est en plein essor, mais il est vrai que je suis plus souvent invité dans les manifestations de jazz que dans les festivals de blues. Il me reste à faire des progrès de ce côté-là. »

La sortie de ce nouveau CD devrait aider Bjørn à atteindre le but qu’il s’est fixé. Dans la lignée du recueil précédent, « Black Wood » mêle styles et sonorités dans un melting-pot qui voit une superbe composition originale telle que Once Again côtoyer des reprises inattendues de Sleepy John Estes (Going to Brownsville) et Joni Mitchell (Woodstock).
« Chaque nouvel album est la concrétisation de mon envie d’améliorer mon écriture et mon jeu de guitare », précise Berge. Personne ne dira le contraire à l’écoute de ces nouveaux enregistrements. Tout en préparant la longue tournée qui accompagnera la sortie du disque, Bjørn réfléchit déjà au projet suivant. « Je me dis que l’heure est peut-être venue de publier une compilation », dit-il. L’idée est intéressante. Lorsqu’un musicien a réuni suffisamment de chansons autour de son nom pour opérer un tri et choisir le meilleur de sa production, on peut être certain qu’il s’est métamorphosé en créateur. Sebastian Danchin

Bjørn évoque sa technique…« La guitare à douze cordes est mon instrument de prédilection, je joue principalement sur des guitares du luthier australien Cole Clark, qui sont idéales pour ma musique. Sinon, je m’accorde en détendant les cordes afin d’obtenir un accord ouvert de do : Do-Sol-Do-Mi-Sol-Do. Je joue le rythme avec le pouce sur les cordes graves, et la mélodie avec l’index et le majeur. »

 

Jo Nesbø, l'héritier norvégien de Henning Mankell

   

" Jo Nesbø, l'héritier de Mankell"... Oui, certainement!
  
   

Ancien journaliste économique, ex-joueur de foot en première ligue pour le club de sa ville natale, Molde (où il est né en 1960), chanteur du groupe de rock Di Derre depuis 1990 (son frère Knut est le guitariste de la formation), Nesbø, avec son crâne rasé, son blouson de cuir et ses Doc Martens, n'est pas le genre d'écrivain qui passe inaperçu.
C'est un peu l'antithèse de l'Américain Michael Connelly, personnage lisse, discret. Leur point commun ? Un passé de journaliste et un présent consacré au polar et à une série construite autour d'un personnage de flic ambigu, dur au mal, solitaire et suicidaire. Harry Bosch pour Connelly, Harry Hole pour Nesbø. Connelly qui a commencé sa carrière en 1993, soit cinq ans avant Nesbø, reconnaît aujourd'hui sans barguigner que le Norvégien est son auteur de thriller favori.

Huit livres traduits dans quarante pays et vendus à cinq millions d'exemplaires en une décennie auront suffi à Nesbø pour devenir le parrain d'un genre qui a explosé au pays des fjords et inondé toute l'Europe en quelques années, pour le meilleur et pour le pire.

C'est grâce aux Éditions Gaïa que la France a découvert cet auteur à partir de 2003. La «Série noire» a ensuite pris le relais dès 2006.

Nesbø, comme Mankell en son temps avec les enquêtes du commissaire Wallander, attaque le mythe d'une Scandinavie parfaite, progressiste, égalitaire.
....Harry Hole déclare à un moment du livre Le Léopard: «Cette satanée société étriquée, c'était comme une infirmité dont cette jeune démocratie du nord de l'Europe, si pauvre encore peu de temps auparavant, n'arrivait pas à se débarrasser.»

Je viens personnellement de terminer "Le Bonhomme de Neige"....et j'essaie de reprendre mon souffle avant de tomber dans "Le Léopard"....
Effectivement, je suis absolument bluffée par ce talent qui me rappelle tellement l'art de Mankell:
sec, rude, coupant, mais humain, humain jusqu'à la moelle de nos os européens en perte de repères...


nesboJo Nesbo, Le bonhomme de neige, Éd.Gallimard (Folio Policier), 2010
Oslo, novembre 2004, première neige. Un bonhomme de neige apparaît mystérieusement dans le jardin de la famille Becker. La nuit même, Birte, la mère, disparaît, laissant pour seule trace son écharpe rose autour du cou du bonhomme de neige.
Flash-back : dans les années 1980 à Bergen, une femme est retrouvée coupée en morceaux. Gert Rafto, le policier chargé de l’affaire, talentueux, ambitieux, enquête en solitaire, suit la piste du meurtrier, qui le convoque… et disparaît.
Katrine Bratt, originaire de Bergen, est intégrée à l’équipe de Harry Hole. Belle, l’esprit vif et tranchant, efficace, elle constitue les dossiers ou rapports que Harry Hole n’a jamais pris la peine d’écrire à ses supérieurs, notamment celui mettant en lumière le nombre accru de disparitions de femmes en Norvège. Les commissariats ne mettant pas leurs affaires en commun, cette augmentation est jusqu’ici passée inaperçue. Le point commun de ces disparitions : toutes ces femmes sont mariées, mères de famille, et on ne retrouve pas leur corps, ou juste une partie. C’est le cas pour Sylvia Ottersen, la seconde femme à disparaître durant cet hiver 2004, dont seule la tête est retrouvée, trônant sur le corps d’un bonhomme de neige…

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 Jo Nesbø : "Ce qui compte : l'amour et le meurtre" (VIDEO)   
   
  
   
" Harry Hole, le flic désabusé dont Jo Nesbø retrace les enquêtes depuis son premier roman ("L'Homme chauve-souris"), reprend du service dans "Le Léopard". A l'occasion de la sortie de ce nouveau roman, nous avons rencontré son auteur, l'un des plus talentueux de la scène du polar scandinave.
Nesbø nous raconte le premier chapitre (troublant) de ce nouveau roman, revient sur le personnage de Harry Hole, et sur les questions morales (il en faut) qui hantent son œuvre. Les seules choses qui comptent ? "L'amour et le meurtre."

Le premier chapitre

Une fille est dans une chambre, plongée dans le noir. Elle se réveille et elle comprend qu'elle a été droguée. Elle se souvient progressivement qu'un homme a placé un instrument métallique dans sa bouche. Elle ne sait pas de quoi il s'agit, ni quel est son objectif. Ses derniers mots : ne tire pas la ficelle... Elle a soudain l'impression que quelqu'un bouge dans la pièce. Elle arrête de respirer et elle a l'impression que au même moment, l'autre s'arrête également de respirer. C'est la technique de chasse du Léopard. Il s'approche silencieusement de sa proie et prend le rythme de la respiration de sa victime. Quand elle s'arrête, il s'arrête aussi...
Elle prend peur et décide de tirer la ficelle. Elle a 28 ans. Elle meurt.
Ce sont les 4 premières pages du Léopard. Tu l'achètes ?

Harry Hole

Le livre suit Harry Hole. C'est le huitième livre de la série. Il vit - ou plutôt il est en train de mourir - à Hong Kong. Il a fui Oslo après sa dernière affaire décrite dans "Le Bonhomme de neige". Il est traumatisé par cette expérience, mais une jeune officier de Police le trouve et tente de le persuade de revenir à Oslo pour traquer un serial killer. Il refuse et elle abat sa dernière carte : elle lui révèle que son père est très malade et qu'il risque de mourir. Il décide alors de repartir pour Oslo. C'est donc un roman qui traite de la relation père/fils, et des seules choses qui comptent : l'amour et le meurtre.

Au coeur du roman : des questions morales
La seule chose qui compte quand on écrit c'est : est-ce que ton personnage va faire le bon choix, le choix moral juste ? Pas forcément, le choix qui lui permettra de survivre physiquement, mais celui qui le rendra éternel ! Est-ce qu'il va avoir le courage d'appuyer sur les freins, de revenir sur ses pas vers le Volcan pour sauver son ennemi qui est bloqué là-bas. C'est le choix qui lui permettrait de sauver son âme. Parce que c'est sur que Harry n'est pas éternel. Physiquement, c'est une ruine qui s'effondre morceaux par morceaux. Je peux vous assurer qu'il ne sera pas éternel. Mais son âme ? Est-ce qu'elle peut survivre, elle ? C'est ça la question.

Les références

Mes principales références ne sont pas des écrivains de roman noir. Il y a Jim Thompson et Franck Miller. J'aime certains écrivains norvégiens classiques comme Knut Hamson ou Sigurd Hoel. Tout comme certains grands écrivains américains comme Charles Bukowski, Jack Kerouac ou Ernest Hemingway. Ils ont été très importants pour moi. Je ne lis pas tant de romans noirs que ça. "


Harry Hole, le flic désabusé dont Jo Nesbo retrace les enquêtes depuis son premier roman (L'Homme chauve-souris), reprend du service dans Le Léopard. A l'occasion de la sortie de ce nouveau roman, nous avons rencontré son auteur, l'un des plus talentueux de la scène du polar scandinave.
Nesbo nous raconte le premier chapitre (troublant) de ce nouveau roman, revient sur le personnage de Harry Hole, et sur les questions morales (il en faut) qui hantent son œuvre. Les seules choses qui comptent ? "L'amour et le meurtre."


Lire aussi

Paroles de Torild Wardenær



« J’essaie de faire apparaître le monde en l’écrivant, rien de moins que le monde »

Torild Wardenær

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Torild Wardenær est née le 30 novembre 1951 à Stavanger, petite ville portuaire du sud de la Norvège, où elle réside toujours. Elle est souvent invitée à des lectures et des performances dans son pays, mais aussi en Suède, au Danemark, en Allemagne et en France (Paris, décembre 2005). Elle s’est également vu attribuer des résidences en Espagne (Fondation Valparaiso), à Bruxelles, et tout dernièrement en Californie. Son écriture déjoue volontiers les effrois du quotidien en les prolongeant par des interprétations rêvées, voire fantastiques, échos d’une folie joyeusement revendiquée.

Son entrée en poésie est inaugurée en 1994 par le recueil I Pionértiden (« Au temps des pionniers »), bientôt suivi de Null komma to lux (« Zéro virgule deux lux », 1995), Houdini til minne (« En mémoire de Houdini », 1997), Døgndrift (« Dérive des jours et des nuits », 1998).

Non moins riche est la dernière décennie, avec Titanporten (« La Porte du Titan », 2001), Paradiseffekten (« L’Effet de Paradis », 2004), psi (2007), et tout récemment Mens Higgsbosonet gnager (« Quand le boson de Higgs se met à ronger », janvier 2011), tous encore inédits en France excepté quelques textes parus dans des revues.

Certains de ses poèmes ont fait partie de diverses performances et expositions de land art.
Elle a également écrit des pièces pour enfants et adultes, et traduit en norvégien un choix de textes du poète américain James Tate, lauréat, entre autres, du Prix Pulitzer.

Elle-même a été couronnée en Norvège par plusieurs prix de poésie prestigieux : le prix Herman Wildenvey en 1996, le prix Halldis Moren Vesaas en 1998.

Les titres de ses recueils disent assez le vif intérêt de Torild Wardenær pour l’exploration inlassable des mythologies comme des sciences dites exactes – domaine au demeurant fort peu perçu comme « poétique » – voyages dont elle revient riche d’inépuisables tensions entre le monde physique et l’univers métaphysique.

Sorcière « aux rotules pleines de sérum et d’argent », elle va et vient dans un temps « entre l’enfance et le royaume de Dieu », reçoit tout naturellement de l’au-delà des recettes drolatiques, avale les étoiles « toutes crues », et fait assez confiance à « la toute-puissance du langage » pour haranguer des foules rétives et écrire en secret à Guillaume Apollinaire.
Sourcière secourue par sa seule intuition, elle ne s’interdit aucune époque ni aucune géographie, pourvu qu’elle y déniche des eaux vivaces, des oiseaux bavards, des éclosions inédites, de quoi nous convaincre enfin que science et poésie sont également spéculatives, et donc étrangement spéculaires.

Anne-Marie Soulier

Nikolai Astrup et la nature norvégienne

Nikolai Astrup (30 août 1880 - 21 Janvier 1928)



Astrup Nikolai 1900

Nikolai Astrup est considéré comme l'un des grands artistes norvégiens du début du XXe siècle, dans le catalogue de son exposition, ouvert le 19 avril 1905, on l'a appelé «l'un des artistes les plus aimés de la Norvège
Astrup est né dans le fjord du Nord Bremengere dans la maison du pasteur, Christian Astrup et son épouse, née à Lodz Petra. Nikolaï était le petit fils de Nils Astrup, un membre du parlement.

Noël 1901 Astrup arrive à Paris où il devient étudiant à l'Académie Colarossi et disciple de son compatriote, l'artiste norvégien, Christian Krogh (1852 - 1925).
A Paris, Astrup s'intéresse à la créativité, Henri Rousseau, Maurice Denis, Paul Gauguin et Hokusai, qui va sans doute se faire sentir dans ses œuvres.

En 1902, l'artiste retourna chez lui dans sa ville natale, d'où il n'est plus jamais parti.




Nikolai Astrup Un petit autoportrait 1904



Nikolai Astrup soir de printemps au lac Jølster




Une femme avec une torche



La nuit de Juin















Printemps dans le jardin la nuit 1909


Rhubarbe 1911




Nikolai Astrup






Astrup, est décédé d'une pneumonie en 1928 à l'âge de 47ans . Il faut noter que la plupart de sa vie l'artiste était atteint de tuberculose et l'asthme.