dimanche 3 juillet 2011

Les drapés de Madame Grès

Madame Grès, la couture à l'oeuvre au musée Bourdelle

crédits : Henry Clarke / Galliera / ADAGP, Paris 2010

Le musée Galliera inaugure sa programmation hors les murs au musée Bourdelle avec la 1e rétrospective parisienne jamais consacrée à Madame Grès (1903-1993). Maître de la couture vu par ses pairs comme le génie tutélaire de la profession, Madame Grès ne cessa de répéter tout au long de sa vie : « Je voulais être sculpteur. Pour moi, c’est la même chose de travailler le tissu ou la pierre ».

Jusqu'au 28 août 2011.

Sa quête lui fit parcourir le monde antique mais aussi l’Afrique du Nord, l’Inde… Un voyage de 50 ans qui va de la statuaire hellénistique au minimalisme intransigeant, dont elle est le précurseur au sein de l’univers de la mode.
Ainsi, c’est au musée Bourdelle que les robes sculptées de Madame Grès trouvent, plus que nulle part ailleurs, une place légitime. L’exposition réunit quelque 80 pièces provenant des collections du musée Galliera ainsi que de prêts de collectionneurs privés et de créateurs contemporains.

En 1933, les modèles de la future Madame Grès – de son vrai nom Germaine Krebs - sont déjà connus sous le nom de la maison de couture Alix. En 1942, Germaine Krebs ouvre sa propre maison de couture au nom de Grès qu’elle dirigera jusqu’en 1988. A partir d’un vêtement qu’elle rêvait sans coutures, elle invente une économie de lignes et de volumes volontairement atemporelle – originelle, transformant le corps de la femme en déesse.

Robes asymétriques, drapées à l’antique comme moulées sur le corps, robes en volume lorsqu’elle travaille la faille ou le taffetas : ses exigences de création la différencient de ses contemporains. Insensible aux engouements passagers, aux tendances qui marquent les collections d’une saison, elle préfère « sculpter » des pièces uniques dont le nombre fait collection. On reconnaît un chef-d’œuvre de Madame Grès à sa pureté – l’apparente simplicité de son art dissimule toujours l’extrême complexité de son savoir-faire.


Madame Grès - La couture à l'œuvre

L’exposition Madame Grès, la couture à l’œuvre réserve une place de choix aux pièces les plus emblématiques de la griffe : les robes du soir – des drapés qui, en 1976, lui valurent un Dé d’or. Créées depuis les années 30 jusque dans les années 80, toujours en jersey, souvent ivoire ou gris perle, ces robes sculpturales traversent le temps sans pâlir – photographiées par Richard Avedon, Guy Bourdin, elles sont largement publiées dans les magazines féminins. Quant aux pièces de jour : robes et manteaux des années 50, modèles épurés réalisés en lainage double face des années 60 et 70, elles restent une référence pour les couturiers et les créateurs d’aujourd’hui. Madame Grès est au-delà des modes.
Voir le mini-site consacré à l'exposition.
Voir la galerie d'images (google images) consacrée à madame Grès.

Un catalogue exhaustif accompagne cette exposition.

Commissariat :
Olivier Saillard, directeur du musée Galliera
Laurent Cotta, chargé de la création contemporaine
Sylvie Lécallier, chargée de la collection photographique
Informations pratiques
Musée Bourdelle
16 rue Antoine Bourdelle, 75015 Paris
Tél. : 01 49 54 73 73
www.bourdelle.paris.fr


Madame Gres0 500x333 3 Days in Paris – Couture at Work, Madame Grès
Madame Grès, Couture at Work at the Musée Bourdelle

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'Simplicity and elegance are never annoying.' – Madame Grès
Madame Gres great hall 500x333 3 Days in Paris – Couture at Work, Madame Grès

Entre les sculptures d' Emile-Antoine Bourdelle, 80 creations de Mme Grès sont exposées dans cet environnement exceptionnel.

Madame Gres 500x333 3 Days in Paris – Couture at Work, Madame Grès
‘I wanted to be a sculptor. For me, working with fabric or stone is the same thing.’ – Madame Grès

Madame Gres1 500x333 3 Days in Paris – Couture at Work, Madame Grès

Pour Madame Grès, née 1903, "le corps humain n'est jamais parfait.
Il y a toujours des éléments parfaits et d'autres imparfaits."

Madame Gres1.2 500x333 3 Days in Paris – Couture at Work, Madame Grès
Arik Nepo,1938. Model Alix, 1938 / Cocktail dress, A 1950.
Madame Gres4 500x333 3 Days in Paris – Couture at Work, Madame Grès


Madame Gres5 500x375 3 Days in Paris – Couture at Work, Madame Grès
Day dress, AW 1986/87 and evening dress with cape, SS 1976
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Madame Gres sam4 500x333 3 Days in Paris – Couture at Work, Madame Grès

Madame Gres2 500x333 3 Days in Paris – Couture at Work, Madame Grès
Evening dress, ca 1947 / Day dress, Spring 1946
Madame Gres3 500x333 3 Days in Paris – Couture at Work, Madame Grès
Evening dress, red tafeta, AW 1974-1975 / Robe du soir, black velour, ca 1976

Madame Gres illu 500x333 3 Days in Paris – Couture at Work, Madame Grès
Studio Dorvyne. Model Alix, Winter 1934 / Drawing of the collection'Robe 27', A/W 1942.

Alice in Wonderland, version Erin Taylor....

Erin Taylor est une illustratrice américaine pour livre d'enfants, très connue, et j'aime énormément ce qu'elle fait....Beaucoup d'humour, des traits précis, des couleurs extraordinaires...

Et donc ici, Alice vit en Afrique....


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est intéressant, contrairement à son prototype britanniques, africains Alice dort sous un arbre et courir:)



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Notez que le lapin blanc est représenté ici comme un «blanc» - colonisateur. Pun tout à fait dans le style de Carol. =))

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Il semble donc effacé par cette version de chenilles. Gauche présente
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 plus  ici  sur Alice

Il était une fois... Fred Pellerin



Il était une fois…
Puis c'était toujours des géantes,
Puis c'était toujours des géants,
Puis ça se passait toujours
Dans un pays lointain...

Ils disaient : Il était une fois…
Ça chauffait les maisons,
Ça tenait en haleine
Les enfants puis les soirs longs.

C'était des dires,
C’était des contes,
C’était des histoires à rester debout.

Parce que le chez-nous
Il se tenait le dos drette.
Le chez-nous,
Il se tenait au bout du mât.
C’était comme un bout de voile
Taillé d’avance
Pour un bateau qui était pas là,
Mais voguait dans les espérances.

Les usages puis les jours
Côtoyaient les légendes.
Il mouillait des hommes forts,
Des Alexis grands coureurs,
Puis les jupons de la Rose
Qui faisaient danser les diables,
Les canots qui déchiraient
Les dentelles boréales.

Il était une fois…
C’était un temps de mythes.
Les chemins étaient pas longs,
Mais ça s’ouvrait sur du vaste.
Y avait des poètes au pouvoir,
Y avait des possibles à pleines clôtures.

Il était une fois…
C’était pas de la nostalgie,
C’était juste un entrebâillage
Sur des demains qui se pouvaient encore…

Il était une fois…
Il était une fois jusqu'à hier...
Il était une fois jusqu’à maintenant…
Le grand maintenant
Qui sonne à la porte du siècle fou.
Le grand maintenant qui insiste,
Les doigts plantés dans le seuil
D’une immense maison
Sans pays.

On se vote comme on se vend.
Puis les partis oublient de nous faire un tout.
L’histoire s’écrit à l’encre débile.
Advienne qui pourrira.

Jusqu’à se dire que peut-être…
Chacun de notre bord…
Peut-être que l’histoire nous a joué un tour,
Peut-être qu’il n’est plus une fois,
Peut-être qu’il n’est plus aucune fois.

Ils sont où nos hommes forts,
Les géantes, les coureurs,
Les diables, les belles danseuses?
Quand on cogne sur la bulle
L’impression que ça sonne creux
Comme une grande légende vide.

Il était une fois…
Est-ce qu’il est déjà une fin?

Il était une fois,
Il n’est plus une fois.
Pourtant, les demain continuent
De cogner à la porte.

Les demains.
Il sera une fois…
Ça se conjugue bien.

Il sera une fois,
Dans des horizons doux,
Un monde où l’amour
A pas trouvé sa putain,

Un monde où les cœurs se retroussent,
Haut et fort,
À se construire du grand et du solide,
À pleine face dans l’histoire,
À pleines gorgées d’appartenance,
À tirer dans les mémoires,
Là où la devise se souvient,
Pour se faire des lignes d’avenir,
Puis se donner la survivance.

On ira réveiller le vent,
Celui qui tient l'espoir et le cap.
Sur les mots puis dans les airs,
Dans le grand manche branlant
Avec quatre siècles d’erre d’aller…
Dites-moi qu’on fonce.
À la limite, s’il faut tomber,
On aura l’élégance de tomber ensemble.

Est-ce qu’il sera une fois?
Il sera des millions de fois.
Il sera sept millions de fois.
Puis l’histoire va reprendre de son aile
Puis son coin de ciel.

Il sera une fois…
Dans un pays lointain…
Juste de le dire
Déjà il est moins loin.

Il sera une fois
Puis on sera tous des géantes, des géants!





Je suis une fan inconditionnelle de ce jeune conteur quebécois... Quels délices dans la langue française, l'accent et la gestuelle....





Il faut vraiment le voir pour comprendre que la vie selon Fred Pellerin, c'est un véritable voyage au pays de notre enfance et de nous-mêmes....

Le 88ème festival de Cornouaille

Edition 2011 : demandez le programme !

James Blunt, Gilles Servat, Suzanne Vega, Nolwenn Leroy, Celtas Cortos, Les Ramoneurs de Menhirs, N'Diale, Afro Breizh...
 
 Le 88e festival de Cornouaille aura lieu sur 6 jours, du 19 au 24 juillet 2011.
 
Le programme ici
 
Le "Cornouaille" ou Festival de Cornouaille est un festival annuel se déroulant dans la ville de Quimper (Bretagne) au mois de juillet (clôture au 4e dimanche du mois) , mettant en avant la culture bretonne dans sa diversité et sa richesse. Près de 180 spectacles, concerts et animations se déroulent en journée et en soirée au cœur urbain de la Ville de Quimper : « un festival au cœur d'une ville et d'une culture ». C'est un des évènements culturels majeurs de la Région Bretagne.
 
De 1923 à 1937Le 30 septembre 1923 est créée de la première Fête des Reines de Cornouaille. À l'occasion de l'inauguration de son cinéma l'Odet Palace, en 1922, à Quimper, Louis Le Bourhis avait invité les « Reines » des villes voisines, au profit des veuves de la guerre de 1914. Devant le succès rencontré par cette manifestation, il décide de créer, avec l'appui des commerçants, les Grandes Fêtes des Reines de Cornouaille. Celles-ci connaissent immédiatement un grand succès populaire. Elles se renouvelleront chaque année jusqu'en 1937.

De 1947 à 1982

  • 1947 : les Fêtes des Reines de Cornouaille font place aux Grandes Fêtes de Cornouaille. Dès la fin de la guerre, Louis Le Bourhis, François Bégot et toute une équipe reprennent le flambeau. Le programme de l’édition de 1948 prévoit un seul jour de fête : le 4ème dimanche de juillet. C'est la première édition de l’Abadenn Veur et du Triomphe des Sonneurs. Avec à peine 200 participants et 6 sonneurs de biniou, il remporte immédiatement un grand succès auprès des Quimpérois.
  • 1949 : les Fêtes prennent de l'ampleur : elles durent près d'une semaine. La manifestation se base plus sur les cercles celtiques (32 présents) que sur les Reines, 60 sonneurs sont également présents. À partir des années 50, les Fêtes de Cornouaille emportent un succès grandissant, elles s'ouvrent à la rencontre avec d'autres cultures du monde.
  • 1950 : 1.000 participants dont pipe-band écossais et danseurs irlandais.
  • 1951 : 70 cercles, 250 sonneurs et 10 groupes provinciaux sont présents avec au total plus de 2.000 participants.
  • 1952 : 100.000 spectateurs.
  • 1954 : 20 000 spectateurs assistent à l'Abadenn Veur (soit autant que la population de Quimper !).
  • 1956 : les Fêtes sont télévisées, présence de troupes venant de la France entière : 102 groupes participent au Défilé des Guises.
  • 1958 : 100 groupes sont présents au Défilé des Guises : parade des costumes bretons. Les 66 guises de Bretagne défilent sous les yeux émerveillés d'abord des Bretons, puis d’un public qui s'élargit très vite à toute la France, et aux pays du monde entier. C’est aussi la création du Trophée de la Plume de Paon (concours sonneurs de couple).
  • 1960 : 116 groupes participent au Défilé des Guises avec 4.000 participants…. La majeure partie des cultures du monde passent à Quimper : Yougoslavie, Suède, Suisse, Italie, Norvège, Russie, Pays Basques, Brésil, Bulgarie, Écosse, Irlande, Pays de Galles, Galice, Ile de Man, Tahiti, Colombie… Les Fêtes de Cornouaille sont, des années cinquante aux années soixante-dix, la plus grande manifestation culturelle bretonne.
  • 1974 : Jean Coroller devient le nouveau Président du comité d'organisation avec, toujours à ses côtés, des personnalités comme Per Jakez Helias, Bernard de Parades, ....

De 1982 à 2001

  • 1982 : troisième changement de nom, les Fêtes de Cornouaille deviennent le Festival de Cornouaille.
  • 1993 : Création de l'héritage des Celtes de Dan Ar Braz en clôture de l'édition : succès immédiat qui aura la suite que l'on connait. Jean-Michel Le Viol devient Président de la Manifestation.

De 2002 à aujourd'hui

Le Festival de Cornouaille se déroule désormais sur 9 jours et se développe professionnellement sur différents aspects notamment artistiques et structurels.


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Jean-Philippe Mauras prend la direction artistique du festival en septembre 2001 puis la direction générale en 2002. Accueil de la 42e Europeade en 2005.
Une moyenne de 250 000 visiteurs par édition. Création de nouveaux lieux : Quai en Fêtes, Espace Evêché, Espace Gradlon, etc...
Les créations musicales bretonnes se développent et trouvent une place privilégiée au sein de l'évènement : Voix de la Terre, Armorythmes, Awen Magic Land, Les 2 Mers, D'Ecosse en Cornouaille, Valsano, Breizh Side Storioù, Ding-Dingue-Dañs, la diagonale des cordes, Regards vers l'Ouest, Heol ou la Bretagne en héritage, etc...

L'accueil d'artistes internationaux comme Simple Minds, Joan Baez, Loreena McKennitt, Cesaria Evora, Rokia Traore, Sinéad O'Connor, Roger Hodgson, Gilberto Gil… aux côtés des nombreux artistes bretons prouvent la place unique et particulière du festival de Cornouaille dans le paysage culturel hexagonal et européen.

 
Gilberto Gil en concert lors du Cornouaille 2010
 
En 2010, le Festival de Cornouaille devient le Cornouaille Quimper et change de logo ; il s'agit désormais d'un coeur celtique stylisé pour rappeler le sous-titre de la manifestation : un festival au coeur d'une ville et d'une culture.

En 2011, nouvelle évolution de la manifestation qui change de format et passe de 9 à 6 jours.

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Qu'appelle -t-on la Cornouaille ?
Ce nom fait référence à une partie de l'Angleterre:  Cornouailles ou Cornwall 


mais aussi à une région bretonne située au sud du Finistère.



C'est donc tout naturellement à Quimper que le festival de Cornouaille a lieu chaque année.


Photo de finofilka (Source: Flickr)


Photo definofilka (Source: Flickr)

Normunds Braslins

Normunds Braslins


Normunds Braslins est né à Riga le 3 Mars 1962. Il a reçu sa formation professionnelle à l'École secondaire Janis à Riga Rozentāls de l'Art (1973-1980) et au ministère de la peinture de l'Académie d'Art de Lettonie (1980-1986).

Il est membre de l'Union des artistes de Lettonie depuis 1987.
Depuis 1988, il travaille à l'Académie lettone de l'art, actuellement professeur agrégé, comme l'un des membres du personnel enseignant de la classe de maître en l'art figuratif.
Il maintient toujours les traditions de la peinture figurative.


«Dans mon développement, j'ai tracé un cercle très large dans mes années d'étudiant, j'ai commencé avec les Hollandais -. Avec Willem Heda Claeszoon - suivi par le 14e au 15e siècle, les maîtres de la Renaissance italienne et du Nord ... Immédiatement après mes études à l'Académie, je suis même allé aussi loin que l'art abstrait. Et puis je suis progressivement revenu à mon réalisme, et je n'ai jamais été particulièrement préoccupé par les tendances de la mode dans l'art.

" Je suis intéressé par Antonello de Messine, Paolo Uccello, Andrea Mantegna, Jacopo Pontormo, Lucas Cranach et les autres. Je suis influencé par la clarté de la composition des artistes de la Renaissance "

Normunds Braslins. 2008

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Vivaldi - La Folia (ou Follia)



Texte du Lutin d'Ecouves : La Folia est, à l'origine, une danse dont il est fait pour la première fois mention dans un texte portugais du XVe siècle. Il s'agissait d'un rite chorégraphique lié à la fertilité lors duquel les danseurs portaient des hommes habillés en femmes sur leurs épaules. Le rythme rapide de la danse ainsi que son aspect insensé furent certainement à l'origine de son nom.
Antonio Vivaldi (1678-1741) est né un jour de séisme à Venise. Son père, barbier-violoniste lui a appris les rudiments du violon et le jeune rouquin se révéla particulièrement doué. Comme beaucoup d'enfants du peuple, il dut choisir l'habit ecclésiastique, ce qui était le plus sûr choix de faire de bonnes études. Cela dit, Antonio "le prêtre roux", prétextant un problème d'asthme qui l'obligeait à sortir souvent, ne dit pas bien longtemps la messe.
Il préféra devenir maître de violon à l'Ospedalle della Pietà de Venise et on le comprend ! Il s'agissait d'une institution pour jeunes filles dans laquelle on donnait une éducation musicale poussée aux élèves. C'est là que Vivaldi va expérimenter une nouvelle conception du concerto dans lequel le soliste va s'émanciper de l'orchestre pour s'échappper dans des arabesques de plus en plus complexes.
Dès la parution de son opus III, l'Estro Armonico, Vivaldi devint célèbre dans toute l'Europe. Il eut même une influence certaine sur le grand Johann Sebastian Bach qui adapta plusieurs de ses compositions. A la suite de cet opus III où Vivaldi fit preuve d'une totale maîtrise de la composition, il fit évoluer sa musique vers plus de liberté et d'expression (l'opus IV s'appelle "La Stravaganza", l'opus VIII qui contient les quatre saisons s'appelle "Il cimento dellarmonia e dellinvenzione".) En dehors de ses oeuvres pour violon, Vivaldi composa de nombreuses sonates et concertos pour un tas d'instruments ainsi qu'un corpus important de musique religieuse et un nombre appréciable d'opéras. Célèbre en son temps, le musicien tomba complètement dans l'oubli dès sa mort lors d'un voyage à Vienne. Il faudra attendre le début du vingtième siècle pour que des musicologues redécouvrent la musique du génial Antonio.
Dans son opus I de 1705, Vivaldi, encore inspiré par Corelli propose une follia pour deux violons et basse continue. Il y reprend le thème principal dans l'adagio du début puis brode dix-neuf variations où l'on sent progressivement le jeune prêtre roux s'échapper du style sévère de son aîné pour aller vers une expression de plus en plus débridée de son art. Rarement Follia portera aussi bien son nom.
Ne ratez pas les dernières variations dans lesquelles l'italianité et le tempérament de feu de l'auteur s'expriment pleinement en entraînant l'auditeur dans une folle danse tourbillonnante.
Source: Youtube

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À l’instar de Corelli cinq ans plus tôt, Vivaldi conclut son premier opus, édité à Venise en 1705, par une série de variations sur l’air de la Folia. La différence réside dans l’apport d’un deuxième Violon, en écho au premier dans cet extrait. Au-delà d’une nouvelle célébration de ce thème, Vivaldi choisit ainsi de s’inscrire en ambitieux successeur : prétention pleinement justifiée avec l’Estro Armonico, son troisième opus, qui constituera en 1711 son premier recueil de Concertos...


Une autre version:



"La Folia est, à l'origine, une danse dont il est fait pour la première fois mention dans un texte portugais du XVe siècle. Il s'agissait d'un rite chorégraphique lié à la fertilité lors duquel les danseurs portaient des hommes habillés en femmes sur leurs épaules.
Le rythme rapide de la danse ainsi que son aspect insensé furent certainement à l'origine de son nom.
Parmi un certain nombre de thèmes, émergea une mélodie de base.
Jusqu'au milieu du XVIIe, elle se répandit en Italie (Follia) et en France (Folie d'Espagne) puis le thème évolua rapidement pour prendre sa forme définitive dans cette suite d'accords :
réM/La7/réM/do/fa/do/réM/la7
réM/La7/réM/do/fa/do/rém-la7/réM
Apparue aux alentours de 1650 puis publiée en 1672 par Lully, cette mélodie se stabilisera en se ralentissant et devint le thème d'innombrables variations dont les plus célèbres furent celles de Corelli parues en 1700.
A partir de ce moment, Les Folies habitèrent consciemment et parfois inconsciemment la musique occidentale et ne la quittèrent plus. La plupart du temps, elles prirent la forme « thème et variations » ; parfois elles ne furent qu'une citation sans grand développement (J.S.Bach, Keiser); quelques fois, elles ne furent qu'une inspiration pour une autre mélodie (sarabande de Händel, chaconne de Purcell); elles sont même dissimulées dans certaines œuvres comme dans l'andante de la 5ème symphonie de Beethoven.
Même si les XIXème & XXème siècles furent moins riches en Folias, elles inspirèrent de nombreux compositeurs tels que Liszt, Paganini, Rodrigo ou Rachmaninov qui intitula ses variations « sur un thème de Corelli » car il ignorait l'origine exacte de la mélodie.
De nos jours, les Folies hantent encore notre imaginaire musical et l'on peut les retrouver dans des musiques de film (La B.O. de Barry Lyndon de Kubrick inspirée de la sarabande de Händel ou bien celle de 1492 de Ridley Scott composée par Vangelis.) et, plus surprenant, dans l'univers des jeux vidéo (bande sonore de Final Fantasy IX composée par Nobuo Uematsu)."

lelutindecouves