dimanche 1 mai 2011

Monocle...Toi et Moi d'Anne Zenatti

 


ZENATTI Anne - Toi et moi
2008, acrylique sur toile, 150x120cm, galerie de l’Evêché, Vence, par courtoisie de l’auteur, photographie Christophe Genin
Anne Zenatti peint un univers exclusivement féminin : des scènes sensuelles, intimes, tranquilles et quasi ordinaires....

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Toi et moi
par GENIN Christophe

 
« Et pourtant, nous pouvions ne jamais nous connaître !
Mon amour, imaginez-vous
tout ce que le Sort dû permettre
pour que l’on soit là, qu’on s’aime, et pour que ce soit nous ?
 »
Paul Géraldy, Toi et moi, « Chance » (1912)

Les amours féminines ont donné lieu à des représentations fantasmatiques, dérivées de l’imaginaire viril. Loin des chairs entremêlées des harems ingresques ou des corps pâmés de Courbet, Anne Zénatti nous peint des scènes intimes tranquilles, quasi ordinaires. Les femmes entre elles s’abandonnent au temps qui passe, sans effet scabreux ni grivoiserie maquillée. C’est une scène de genre, selon une double entente de l’expression : au sens académique et traditionnel, c’est un instantané de la vie quotidienne, pris sur le vif ; au sens culturaliste et contemporain, c’est l’affirmation du registre féminin. 

Une liseuse au premier plan est tout à sa lecture silencieuse, accoudée sur un pouf. Elle tient en main un recueil de poèmes de Paul Géraldy, poète aujourd’hui oublié, mais qui connut pourtant une gloire certaine dans l’entre-deux guerres. Son amie la regarde, pensive, nonchalamment alanguie sur le sofa. Des figures gémellaires, de même corpulence, de même incarnat, à la même coiffure, au même vernis à ongles, à la même posture relâchée, les jambes ouvertes comme prêtes à accueillir l’autre. Seuls quelques accessoires les distinguent : la couleur et les motifs de la robe d’été, écarlate ou prune, la présence ou non de sandales aux pieds. L’une regarde l’autre, simplement satisfaite de cet instant de silence, en suspens, comme si son corps flottait sans s’appuyer ni s’imprimer sur le sofa.
Cette peinture au réalisme onirique repose sur un subtil jeu de décalages et de détournements, tant sémantiques que plastiques.

Alors que Paul Géraldy rédigeait une poésie sentimentale faite de mots simples, appréciée du public féminin, et louant la vie de couple, la mention de son livre prend un autre sens ici. Car dans la peinture d’Anne Zénatti le masculin est absent. L’homme est hors-champ, ailleurs, et son absence ne fait pas défaut. Ces poèmes d’amour, adressées à une femme, sont ici lues par une femme en vue d’une autre. Sans tambour ni trompette, sans heurt et sans cri, une autre manière de faire couple se représente, ou se rêve, avec indolence.

Les corps épanouis, à la manière de Botero, sont comme livrés à l’espace d’un Matisse, dans lequel la perspective est cassée, rabattue sur le plan. Le jeu de paravents à vantaux japonais dessine une sorte de labyrinthe, dont chaque face faussement translucide mène à une part d’ombre, avec de fausses lignes de fuite appuyées par les mosaïques du sol. Cet espace est sans ordre unitaire : les horizontales, les verticales, les obliques, les rayures et les damiers s’entrecroisent et se contredisent, et les divers lacis des motifs floraux viennent encore brouiller ces lignes de désorientation générale. Le volume des chairs est rendu par la couleur. Ainsi les teintes vert-de-gris viennent modeler le tissu violacé, suggérant des formes généreuses, tout comme une lumière rosée vient éclairer l’écarlate, laissant deviner sous la robe le pli d’un sein ou d’une aine. Un jeu de lumières se pose sur ces corps sans ombre, sculptant les formes par un chatoiement de rosés glacés.

Pourtant une ligne directrice s’affirme. Ce tableau relève d’une composition en chiasme. En effet, notre point de vue est légèrement plongeant, comme si nous surplombions les deux amies, au-dessus de la pointe tronquée du tapis de sol. Mais en même temps un mouvement de lumière ascendant nous happe du premier plan, fondu dans l’obscurité du bordeaux, de l’anthracite et du noir, vers la trouée de ciel à l’horizon d’une marine lointaine. Un rectangle du fond forme une sorte d’espace dans l’espace et de tableau dans le tableau, ce qui est d’ailleurs signifié par un encadrement de tableau visible. Le dallage du sol suit une perspective qui se prolonge par les rayons convergents du store à rayures blanches et orangées, faisant signe vers un soleil au-delà du visible, mais dont la lumière zénithale, entrant par l’orbe de la fenêtre, trace un ovale tranchant et traverse les paravents pour se glisser dans tout l’espace.

Cette fenêtre ouverte sur le monde, qui suit la construction d’Alberti, est une part d’exception dans ce tableau composé de plans entrecoupés. Dès lors le sens est sans dessus dessous. Dehors l’ordre règne, mais les amies lui tournent dos, posées dans un monde de guingois où rien n’est d’équerre. Ou inversement, un point de lumière absolu vient peu à peu dérégler l’ordre, laissant chaque corps se placer et exister dans sa lumière et ordonner son espace propre. 

« Toi et moi » signifie la rencontre de ces deux ordres, ce trouble de l’autre qui vient subrepticement dérégler les plans trop ordonnés. Et ce tableau est à double entrée. Le plan du féminin ne saurait se satisfaire du monde intérieur qu’il démonte et déborde ; ou inversement l’homme est cette tentation dont la voix sourde vient dérégler les équilibres acquis, puisque, finalement, l’une tourne le dos à l’autre.

"Les Saliens. Une puissance en évolution"

"Les Saliens. Une puissance en évolution"

Du 10/04/2011 au 30/10/2011 

Lieu Historisches Museum der Pfalz,
Domplatz, à Speyer

Hochkonjunktur für das Mittelalter
"Évangéliaire de Spire parchemin de 1220 (Badische Landesbibliothek Karlsruhe, Cod Bruchsal 1; Photo: Badische Landesbibliothek de Karlsruhe)

BOOM pour le Moyen Age

Le Musée historique du Palatinat à Spire déroule l'histoire de la dynastie des Saliens  avec des trésors laïques et religieux, des objets du quotidien et une animation par ordinateur

La cathédrale de Spire: vue depuis le sanctuaire dans la nef. (Photo: cathédrale de Speyer Bednorz / Achim)




En 2011 Spire (Speyer) se consacre aux empereurs saliens. 
La grande cathédrale de Spire a été construite sous ces empereurs, un chef-d'œuvre de l'architecture romane. 
L'exposition reprend 950 ans dédiées à l'époque de la plus grande église de l'Occident.  Il ya 900 ans, en 1111, Henry V, dernier roi Saliens, fut couronné empereur à Rome. Dans la même année, il donna à la ville de Spire des  privilèges importants, qui ont marqué le début du développement de la ville indépendante.
Le Musée historique du Palatinat montre "Salierjahr 2011» une exposition unique majeure, représentant la fin des années des Saliens et l'ère de la mise en œuvre de l'aire pan-européenne..
De nombreuses expositions dans les musées d'Allemagne et d' Europe ont pour la première fois rassemblé en une seule exposition. manuscrits,  précieux objets liturgiques, sculptures et des sculptures architecturales, mais aussi des objets de la vie quotidienne qui permettent de mieux comprendre une période marquée par des bouleversements spectaculaires. 


L'exposition est consacrée à Henry V, le dernier empereur de la dynastie des Saliens, dont le règne, comme son père, a été marqué par des différends amers influant sur  l'ordre mondial entre l'empereur et le pape.

Des changements radicaux dans la politique, la société et la religion se sont profilés du 11e au 12 Siècle, leur point de départ était la relation de pouvoir entre l'empereur et le pape.

 

  • Soirée PASS Musées Soirée PASS Musées



     L'exposition présente le destin dramatique des souverains Saliens et leur vision novatrice pour l'époque grâce à leur pratique politique. Vous verrez des oeuvres de très haute qualité de plus de 50 musées et collections européennes qui seront réunies pour la première fois en un même lieu. 

    Sur l'expositionPendant quatre générations, les Saliens ont régné sur un empire d'une dimension énorme: De la mer du Nord jusqu'à l'Italie du Sud, ils ont marqué le destin des hommes. La dynastie la plus importante du 11e et 12e siècle a changé l'ordre du monde qui était marqué par les querelles entre les empereures, les ducs et le pape. Spire se situait au centre de leur empire; l'histoire des Saliens n'est liée aussi étroitement à aucune autre ville. La cathédrale de Spire témoigne encore de nos jours de la prétention au pouvoir absolu et de l'image que cette dynastie avait d'elle-même. Parmi les trésors exposés se trouvent des exemples extraordinaires de l'art du Haut Moyen-Âge, comme des livres, de l'art en ivoire, ainsi que des objects archéologiques des 11e et 12e siècles.  

    "Lion Aquamanile", un vase pour se laver les mains, d'abord en bronze La moitié du 12ème siècle (photo: Wartburg-Stiftung Eisenach / Ulrich Kneise) 

     
      Bague de la tombe d'Henry IV d'or, saphir, perles probablement au premier trimestre du 11e Siècle (Cathédrale dans le Musée historique du Palatinat; Photo: la cathédrale de Spire, Peter Haag-Kirchner)


      Bas-relief d'Ivoire 1099-1106 (collection de sculptures Liebieghaus, Francfort / Main photo: Städel Museum - Artothek) 
      Évangéliaire de Brême pour Henri III. "1039-1043.  (Photo: Hoffmann Brême gouvernement et Universitäbibliothek Ansgar /) 

    Évangéliaire de Brême  pour Henri III. "1039-1043. L'impératrice veuve Gisela et son entrée dans l'église du monastère d'Echternach (Photo: Bibliothèque nationale et universitaire de Brême / Ansgar Hoffmann)

     
    Ekkehard d'Aura, Chroniques sur parchemin avec dessins à la plume et encre deuxième moitié du 12 Siècle (photo: zu Staatsbibliothek de Berlin - Patrimoine culturel de Prusse Picture Archive
    Grès du 11 Siècle (Photo: Musée historique du Palatinat / Haag-Kirchner Peter)

    La Croix de Théodoric cuivre, fonte, gravé, doré 1116 (Mainz-cathédrale épiscopale et Musée diocésain photo: dépôt de la coupole de la cathédrale de Worms Bischölichen et Musée diocésain de Mayence) 


      Portion de vêtement de soie, broderie de 1523 (Photo: Musée d'Etat de Karlsruhe Baden / Thomas Goldschmidt)


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    « Relater ce qui s'est passé nous mènerait trop loin », écrivait alors le chroniqueur Ekkehard von Aura en pensant aux événements turbulents de l'an 1111 : Henri V, dernier Salien, avait emprisonné le pape Pascal II à Rome pour le contraindre à le couronner empereur. La même année, l'empereur accorda aux bourgeois de Spire d'importants privilèges qui seront à la base de son accès au statut de ville libre impériale. Les Saliens ont entretenu des rapports exceptionnels avec l'évêché de Spire. La cathédrale impériale qu'ils firent élever était alors la plus grande église de la Chrétienté occidentale et c'est là aussi qu'ils se firent enterrer. En 2011, la cathédrale impériale, « une merveille », « qui mérite louanges et admiration » (extraits de la vie de Henri V, début du 12e s.) fêtera son 950e anniversaire.

    C'est à l'occasion de ces trois anniversaires qu'aura lieu l'exposition historico-artistico-culturelle « Les Saliens - une puissance en évolution » qui représente un des points culminants de l' « année des Saliens 2011 ». Des pièces uniques de grande valeur, des trésors de l'enluminure et du travail de l'ivoire feront revivre les multiples facettes du 11e et du début du 12e siècle à Spire, du 10 avril au 30 octobre 2011. Des mises en scène exigeantes, des reconstitutions architecturales virtuelles et de passionnants points d'écoute impliquent les visiteurs de manière active dans l'exposition.

    Deux catalogues richement illustrés, de 320 pages chacun, avec des contributions de scientifiques de renom, paraîtront à l'occasion de cette exposition au prix de 24,90 euros le volume et de 39,90 euros pour les deux volumes.



Couleurs de l'Oasis: Ikats d'Asie centrale

Les couleurs de l'Oasis: Ikats d'Asie centrale

Robe de femme (munisak), l'Ouzbékistan, Samarkand ou la vallée de Fergana, deuxième demi-siècle 19ème siècle. TM 2005.36.114. La Collection Megalli

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Robe vallée, l'Ouzbékistan, Samarkand ou Fergana, deuxième demi-siècle 19ème siècle. La Collection Megalli
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Robe, l'Ouzbékistan, la vallée de Fergana, troisième quart de siècle 19ème siècle.  La Collection Megalli
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Robe, l'Ouzbékistan, la vallée de Fergana, deuxième demi-siècle 19ème siècle.  La Collection Megalli
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Robe de l'Ouzbékistan, de Boukhara, milieu du 19ème siècle, c. 1860-1880 (doublure). La Collection Megalli
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Robe du Tadjikistan, la vallée de Hisar, début du 20e siècle. La Collection Megalli
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Couleurs de l'Ikats Oasis d'Asie centrale - Photo par Kevin Allen
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Couleurs de l'Ikats Oasis d'Asie centrale -  Photo par Kevin Allen.


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Couleurs de l'Ikats Oasis d'Asie centrale - Photo par Kevin Allen


                         

Couleurs de l'Oasis: Ikats d'Asie centrale
(Exposition qui s'est déroulée à Washington DC du 16 octobre 2010 au 13 mars 2011)

Dans les rues des villes des oasis d'Asie centrale du 19ème siècle l'habillement d'un homme définissait son statut dans la société et manifestait sa richesse. 
A la maison, la place d'honneur était donnée aux textiles les plus riches des Ikats.

Marina & Igor, ou l'art de la peinture à deux....

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Igor Kozlovsky et Marina  Sharapova


Ces deux artistes russes, respectivement née en 1956 et 1960 sont mariés et travaillent ensemble à St Peterbourg.

Pourquoi? Parce que, disent-ils, « principalement nous arrivons à une toile de différentes directions.
Igor dont la spécialité est un subtil sens de la couleur, une appréciation extraordinaire pour la nature tactile de la peinture, la toile et bois, et une sensation intuitive pour savoir comment jouer avec des images abstraites. Marina, d'autre part, possède une grande subtilité pour le dessin réaliste et est capable de créer de nouvelles images sur la base des œuvres d'artistes anciens, en particulier ceux de la Renaissance italienne et néerlandaise. Dans le système russe d'enseignement des arts les artistes apprennent très rigoureusement les compétences des maîtres anciens.
Nous avons étudié les techniques et les conceptions de l'art religieux russe, inspiré par le travail d'Andreï Roublev et Denys aux côtés de ceux de la Renaissance de l'Europe occidentale. Nous nous sommes rapprochés des artistes d'Europe orientale modernes, dont les figures profondément spirituelles comme Chagall, Kandinsky, Malevitch et nous avons également approfondi les techniques de Picasso et de Matisse. En fait, dans notre travail commun , nous avons essayé de synthétiser ces traditions.
Nous avons donc tenté de synthétiser l'art Post-Renaissance de l'Occident avec la tradition russe, la tradition religieuse en particulier. »

Personnellement j'apprécie beaucoup le résultat, la richesse des couleurs et des textures, et la fantaisie distinguée qui en résulte.
 




Venise, huile sur toile


Good Morning, Maestro, huile sur toile

Isabelle: Je n'ai pas besoin d'une autre reine (triptyque), huile sur toile

Vanity Fair, huile sur toile

Triple de la vie d'Elizabeth, huile sur toile

Tete-a-Tete, huile sur toile

Cameo, huile sur toile

L'huile de Sky, sur toile

Oiseau de Feu, huile sur toile

Soul Mates, huile sur toile

Soirée au théâtre, huile sur toile

Je n'ai jamais été à l'Afrique, de l'huile sur toile

L'Afrique, de l'huile sur toile

Les chats sont à venir!, Huile sur toile

Douze pommes, huile sur toile

Derrière la vitre, de l'huile sur toile à la recherche

Hide and seek, huile sur toile

Les clés (diptyque), huile sur toile

Cuillers (diptyque), huile sur toile

paon blanc (diptyque), huile sur toile

Red amazones, huile sur toile

Moon Garden, huile sur toile

Histoire de l'art, partie II, huile sur toile

Ombre de la fresque, huile sur toile

Pourquoi mettre des chaussures, huile sur toile



fleurs rares, huile sur toile

La nébuleuse de l'huile sur toile

 huile sur toile

Big infante, huile sur toile

Narcisse, huile sur toile

Histoire de l'art, partie I, huile sur toile

Les oiseaux s'envolent vers les pays chauds, huile sur toile

Le jeu, huile sur toile

La famille, huile sur toile

Jusqu'au bout des ongles, huile sur toile